L'Apparition

L'Apparition

L'Apparition

Chefs-d'œuvre
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Matière et technique: 
Huile sur toile
Origine et date: 
Non daté
Artiste(s): 
6 avril 1826
Paris
18 avril 1898
Paris

Dimensions :

142 cm
103 cm

Cette toile reprend l’iconographie de la célèbre aquarelle du même titre (Musée du Louvre, département des arts graphique, fonds du Musée d’Orsay) qui inspira à J.-K. Huysmans quelques belles pages de son roman A rebours.

Elle illustre un épisode tiré du Chapitre XIV de L’Evangile de saint Mathieu. Jean-Baptiste, pour avoir stigmatisé l’union illégitime entre Hérodiade et le roi Hérode, a été enfermé. Pour se débarrasser de cet importun, la reine, au terme d’une danse que sa fille Salomé exécute devant le roi, l’engage à demander en récompense la tête de Jean-Baptiste. Ce court récit a donné lieu à de très nombreuses œuvres se focalisant sur la figure de Salomé qui n’est pourtant pas l’instigatrice du crime. Cette princesse juive va enflammer l’imaginaire des peintres, devenant l’archétype de la femme fatale.

Gustave Moreau s’inscrit donc dans une tradition qu’il va subvertir en inventant cette apparition fantastique de la tête du précurseur nimbée, dégouttant de sang devant Salomé horrifiée. Dans ce tableau, on distingue : à gauche Hérode trônant, hiératique près de son épouse ; à droite le bourreau impassible, glaive en main ; sur le fond sombre un réseau de lignes dessine une architecture étrange et inquiétante mêlée à des figures de divinités païennes, à des motifs décoratifs médiévaux.

Ce riche décor ornemental, caractéristique de l’art du peintre, emprunté aux siècles les  plus reculés, aux civilisations les plus lointaines, rend cette scène difficile à situer dans l’espace et le temps et ajoute à son caractère énigmatique. Gustave Moreau transforme cet épisode biblique en une fable, un poème peint dont le propos se veut édifiant en même temps que prétexte au rêve.