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La technique de Gustave Moreau

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L'importance de l'œuvre graphique conservé au Musée Gustave Moreau témoigne de la passion de Gustave Moreau pour le dessin et du rôle essentiel que celui-ci joue dans l'élaboration d'un tableau : du premier jet aux ultimes mises au point par l'intermédiaire de calques et de mises au carreau.

D'un point de vue stylistique, le dessin de Moreau est néo-classique. Il se caractérise par la recherche de la belle arabesque soumise à des canons précis, que l'on retrouve chez les artistes de la première moitié du dix-neuvième siècle qui sont passés par l'Ecole des Beaux-Arts. Il gardera de ses années de formation une méthode de dessin qui est proche de celle d'un David, d'un Ingres ou d'un Chassériau qui l'initia à la technique des portraits dessinés.

Moreau s'inspire également de la nature d'où de très nombreuses études d'animaux, faites sur le vif, ou des croquis d'après nature.
Son érudition est immense. Il trouve ses sources dans les modèles antiques, des ouvrages de gravures ou des photographies. Le Magasin Pittoresque, dont il possède l'édition depuis l'origine, est pour lui une mine inépuisable de modèles.
Il est un visiteur assidu des expositions et du Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, alors royale puis impériale. Il y consulte des recueils de miniatures indiennes ou persanes, étudie les gravures de la Renaissance. Comme beaucoup de ses contemporains, il collectionne les estampes japonaises. Toutes ces sources apparaissent souvent dans les annotations faites sur les dessins.

Il utilise le crayon de graphite - ou mine de plomb - le crayon noir, le fusain et, surtout avant 1860, la sanguine. Il pratique également le dessin à la plume et à l'encre. Il est enfin un adepte du papier calque, qui lui permet de reporter ses dessins jusqu'au carton final aux dimensions du tableau définitif.
 
Avec l'aquarelle, l'artiste traduit ses variations, ses confidences d'artiste, ses audaces intimes qu'il n'osait pas livrer au public. Moreau eut parfois conscience qu'il obtenait dans cette technique pourtant réputée mineure des résultats recherchés en vain dans des peintures plus élaborées : "C'est curieux cette petite aquarelle d'aujourd'hui m'a montré d'une façon admirable que je ne fais bien que quand je travaille à des choses faites à la diable". Alors que la majorité des peintures demande, pour en comprendre la signification, une explication plus ou moins savante, les aquarelles offrent avant tout leur beauté colorée au regard qui les contemple. Moreau y illustre à la perfection le conseil qu'il répétait à ses élèves : "Ayez l'imagination de la couleur".