Ange Voyageur
Exposition

Gustave Moreau. Le Moyen Âge retrouvé

du 15 novembre 2023 au 12 février 2024
Au musée Gustave Moreau
Titre expo Moyen Age
Ange Voyageur
Gustave Moreau. Ange voyageur, aquarelle et gouache sur papier,  Cat. 441 © RMN-GP / René-Gabriel Ojéda
 

Gustave Moreau participe tout au long de sa carrière à la résurrection de la période médiévale, très en vogue au XIXe siècle. En dehors des œuvres « médiévalisantes » bien connues de Moreau comme Les Chimères ou Les Licornes, le Moyen Âge traverse tout son art, depuis les peintures romantiques des années 1850 inspirées notamment par Shakespeare jusqu’à ses œuvres syncrétiques, ultimes travaux des années 1890.

L’étude du processus créatif sera au cœur de cette exposition qui ambitionne de valoriser les sources de l’univers médiéval du peintre.

La présentation d’oeuvres de Gustave Moreau (peintures, aquarelles, dessins), dont certaines seront sorties des réserves pour l’occasion, en regard des photographies, des estampes, des livres et objets d’art (dont quelques prêts prestigieux du musée du Louvre et de la Bibliothèque Nationale de France) permettra de mettre en valeur les réinventions médiévales du peintre durant la seconde moitié du XIXe siècle.

 

Dossier de presse :

Commissariat
Marie-Cécile Forest, conservatrice générale du patrimoine, directrice honoraire de l’établissement public du musée national Jean-Jacques Henner et du musée national Gustave Moreau
Emmanuelle Macé, chargée d'études documentaires au musée Gustave Moreau
Lilie Fauriac, docteure en histoire de l'art

Scénographie
Hubert Le Gall, assisté de Laurie Cousseau

Le musée a proposé des visites guidées, des visites contées et des médiations étudiantes de l'exposition.

 

Pour redécouvrir...

Les Chimères ou Décaméron satanique

 

Les Chimères (Cat. 39)
Gustave Moreau. Les Chimères, huile sur toile, 1884, Cat. 39 © RMN-GP / René-Gabriel Ojéda

 

Commencée vers 1880, cette grande peinture ne fut jamais achevée. Moreau en interrompt la réalisation en 1884, année de la mort de sa mère. Ses tonalités éteintes et son dessin raffiné donnent l’aspect d’une tapisserie médiévale. Elle s’inspire, pour la composition, du Martyre des dix mille chrétiens au mont Ararat, de Vittore Carpaccio (1465-1525), dont le peintre avait réalisé plusieurs études au Musée de l’Académie à Venise.

Sous-titrée Décaméron satanique, elle fait se côtoyer « […] toutes les formes de la passion, de la fantaisie, du caprice chez la femme ». Les personnages sont le plus souvent accompagnés du monstre ou de la chimère que leur imagination a engendré.

Son iconographie est complexe. On distingue au centre l’allégorie de la Luxure montée sur un bouc, et plus bas une figure énigmatique – Ève ? –  enlaçant un serpent à tête humaine. Sur la droite, une femme – Europe ? – est assise sur le dos d’un taureau ailé. Une autre, richement vêtue et caressant la tête d’une licorne, semble sœur de la Dame à la licorne, figure centrale de la célèbre tenture du musée de Cluny. Une femme, à demi nue, bâton en main, s’est arrêtée pour écouter la voix d’un ange, ou plutôt la musique qu’il verse à son oreille à l’aide d’un instrument.

 

Cat.39 (détail) Europe

Les femmes ici rassemblées sont à divers stades de leur évolution spirituelle. Les rochers escarpés, les montagnes symbolisent le chemin qu’elles ont encore à parcourir pour faire leur salut et obtenir le pardon de leurs fautes. La Rédemption est symbolisée par une petite croix à peine visible au faîte d’une montagne : « Dernière étape de la vie, dernière épreuve régénératrice et bienfaisante, dernier refuge de l’Être qui a pu éviter ou vaincre, après les épreuves cruelles, le rêve chimérique, le rêve terrible de ruine, de douleur et de mort. »

Les Licornes

 

Les Licornes (Cat. 213)
Gustave Moreau. Les Licornes, huile sur toile, Cat. 213 © RMN-GP / René-Gabriel Ojéda

 

« J’ai vu une des plus belles choses que j’aie jamais vue ! » voilà ce qu’écrivit le collectionneur Emile Straus, le 14 juillet 1887 au sortir de l’atelier de Gustave Moreau, où il venait de découvrir Les Licornes.

Le peintre refusa de se dessaisir de cette œuvre que lui avait commandée Edmond de Rothschild. Il lui substitua une aquarelle, d’un fini impeccable, David dansant devant l’Arche (non localisée). Il fut probablement froissé par les remarques du commanditaire souhaitant le voir en pousser plus avant l’exécution, ce à quoi il se refusa. Est-ce lui qui est visé dans cette note rageuse : « Assez de toutes ces réflexions critiques, de ces blâmes, de cette sévérité théorique, chez tous ces imbéciles dont l’intelligence en art, comme en tout, du reste, ne dépasse pas celle d’un concierge ou d’un charcutier. Quoiqu’ils pensent d’eux et quoi qu’ils fassent, ce ne sont que de sots » ?

 

Cette peinture s’inspire de la célèbre tenture de La Dame à la Licorne acquise par le musée de Cluny en 1882. Afin de parvenir à cette « richesse nécessaire », pilier de son esthétique, Moreau mêle des motifs ornementaux d’origine médiévale à d’autres inspirés de la Renaissance, n’hésitant pas à puiser dans des revues comme Le Magasin pittoresque.

Il en parle comme d' « une île enchantée avec une réunion de femmes, uniquement de femmes donnant le plus précieux prétexte à tous les motifs de plastique ».

On aperçoit au loin la nef qui mena ces princesses en cet étrange lieu. Deux d’entre elles enlacent des licornes qui restent impassibles. Ces animaux légendaires, réputés farouches, ne se laissaient dit-on approcher que par des vierges. Toutes les femmes sont ici richement parées, l’une tient en main un lys, symbole de pureté, et une précieuse épée effilée. Sur les vêtements d’une autre figurent, délicatement dessinés, des animaux fabuleux, des combats épiques dont celui de saint Georges et le dragon. Le calice sur le coin droit de l’œuvre – Le Graal ? – participe du climat de mystère qui y règne.

  Cat.213 (détail) nef

Moreau opère une singulière dissociation entre le dessin et les couleurs chatoyantes dont il use, obtenant des effets chromatiques et graphiques d’une rare subtilité. Il s’agit là d’une des créations parmi les plus séduisantes et sans doute des plus énigmatiques que nous ait légué le maître du Symbolisme.

 

Vues de la muséographie

1er étage
Muséographie expo MA 1e étage
Aux sources du Moyen Âge
Muséographie expo MA 1e étage
Chronologie croisée
2e étage
Muséographie expo MA 2e étage
Le Moyen Âge retrouvé
Muséographie expo MA 2e étage
Les Chimères, ode médiévale
Muséographie expo MA 2e étage
Histoire, légende et politique
Muséographie expo MA 2e étage
« Le Moyen Âge a donné sa note au romantisme »
Muséographie expo MA 2e étage
« Une châtelaine du Moyen Âge »
3e étage
Muséographie expo MA 3e étage
Variations sur la licorne
Muséographie expo MA 3e étage
Le « païen mystique »« Cette sublime religion catholique »
Muséographie expo MA 3e étage
Des saints emblématiques / Une cathédrale rêvée
Muséographie expo MA 3e étage
Une vision syncrétique

© Musée Gustave Moreau / Jean-Yves Lacôte

 

Emmanuelle Macé et Lilie Fauriac, co-commissaires de l'exposition, sont intervenues au 12e Festival de l'Histoire de l'Art de Fontainebleau afin de présenter l'exposition.

En savoir plus

Parcours de visite

Livret jeune public

Catalogue de l'exposition

Gustave Moreau. Le Moyen Âge retrouvé
256 pages, 220 illustrations
Format : 24,5 x 28,5 cm

39 €

Coédition musée Gustave Moreau / Éditions El Viso

En vente à la librairie du musée

Vue 3D catalogue Moyen Age
Tout public
Cours de dessin (perfectionnement)
du 16 mars au 20 juillet 2024 - 3 h
Atelier
Documentaires