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Scène dramatique dans une salle richement décorée, avec une foule de personnages en désarroi et une lumière intense au centre.
© Gustave Moreau, "Les Prétendants", huile sur toile, Paris, Musée Gustave Moreau © Gustave Moreau, "Les Prétendants", huile sur toile, Paris, Musée Gustave Moreau RMN-GP / René-Gabriel Ojéda
Scène dramatique dans une salle richement décorée, avec une foule de personnages en désarroi et une lumière intense au centre.
© Gustave Moreau, "Les Prétendants", huile sur toile, Paris, Musée Gustave Moreau © RMN-GP / René-Gabriel Ojéda

Le projet des Prétendants remonte à 1852, mais Gustave Moreau y travailla principalement après le retour d’Italie, fin 1859. La peinture, jamais achevée, n’acquit ses dimensions définitives qu’en 1882 par l’ajout de bandes de toile verticales et horizontales dont les raccords demeurent visibles. Par son format monumental, son ordonnance générale, elle fut souvent comparée aux Romains de la Décadence de Thomas Couture (Paris, Musée d’Orsay, Inv. 3451) daté de 1847. Elle fascina Jean Lorrain qui l’évoque au chapitre 31 de son roman Monsieur de Phocas publié en 1901.

Le sujet est tiré du Chant XXII de L’Odyssée. Ulysse, de retour à Ithaque massacre les jeunes princes qui pendant son absence courtisaient Pénélope, son épouse. Il est représenté arc en main dans le fond du tableau, la tête sommée de la chouette, animal attribut de Minerve. La déesse apparaît surplombant cette scène de carnage le corps entouré d’un halo à l’instar d’un Christ du Jugement Dernier.

De cette profusion de corps, plusieurs figures se détachent : à droite, celle androgyne du jeune homme vêtu de bleu (inspiré d’une sculpture antique du dieu Atys, copiée au Musée des Offices à Florence en 1858) ; au centre celle du prince-poète à genoux accoudé à une lyre personnifiant l’aède Phémios qu’Ulysse épargna à la demande de son fils, Télémaque. Pour Moreau : « cette figure inquiète mais non détournée de son rêve poétique [personnifie], la belle, la jeune Grèce, mère des arts et de la pensée méprisant la mort et défiant la fatalité. ».

A gauche deux éphèbes attendent stoïquement la mort, l’un agenouillé tient embrassé une biche, l’autre, assis, lance au poing, porte à ses lèvres une coupe. Le peintre explique leur présence ainsi : « Les anciens avaient souvent dans leurs compositions les plus dramatiques de ces figures calmes servant de repos à l’esprit et aux yeux […] ces figures rappellent le spectateur à la beauté purement plastique, calme pour être plus belles. Ces morceaux tyranniques par leur air d’inopportunité, appellent les yeux à l’attention sans partage, et forcent l’esprit à préférer l’immobilité contemplative du corps humain à l’action et au mouvement du corps. »